Région BFC en transition verte
Bourgogne-Franche-Comté : Vers une région plus verte
Réuni le jeudi 27 mars 2025 sous la présidence de François Rebsamen, le Conseil métropolitain de Dijon a abordé plusieurs enjeux majeurs pour le territoire. De la transition énergétique à la politique du logement, en passant par la mobilité et l’éducation, les décisions prises esquissent les grandes lignes d’un développement durable, solidaire et ambitieux. L’équipe de Kalio fait le point pour vous concernant la transition énergétique.
Réseaux de chaleur et transition énergétique : Vers une métropole plus verte
Ce rapport marque une étape clé dans l’engagement de Dijon Métropole pour la transition écologique. En adoptant l’avenant n°8 au contrat de délégation de service public de chaleur, Dijon Métropole s’inscrit résolument dans une dynamique de verdissement de ses réseaux de chaleur, répondant ainsi aux enjeux environnementaux actuels et à la nécessité de renforcer son indépendance énergétique.
L’actualisation du schéma directeur des réseaux de chaleur urbains, lancée en 2022, démontre la volonté de mobiliser tous les acteurs du territoire pour développer des solutions innovantes. Ces initiatives visent non seulement à réduire la dépendance aux énergies fossiles, notamment le gaz, mais aussi à garantir un accès à une chaleur décarbonée pour l’ensemble des habitants.
L’extension des réseaux de chaleur, associée à la création d’une Société d’Économie Mixte (SEM) dédiée à l’énergie, permettra de mettre en place un circuit court de l’énergie. Ce modèle local et durable optimisera la production et la distribution de chaleur tout en favorisant l’intégration des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) dans le réseau de chaleur de Dijon Métropole, passant de 70% à plus de 80%, offrant ainsi aux abonnés une plus grande stabilité tarifaire face aux variations des prix de l’énergie.
Ce projet ambitieux s’inscrit pleinement dans le cadre des lois Energie et Climat et dans les recommandations gouvernementales qui soulignent l’urgence de décarboner et d’étendre nos réseaux de chaleur. En modernisant les infrastructures, en intégrant des solutions biomasse et en sécurisant les ouvrages de production, Dijon Métropole fait un pas important vers l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.
Ces actions visent à rendre la ville plus verte, plus autonome énergétiquement et à contribuer à la décarbonation des secteurs énergétiques. De plus, elles sont bien en phase avec les objectifs nationaux de transition énergétique et de neutralité carbone pour 2050.
L'avis de l'équipe de KALIO
Le marché des CEE en évolution
Certificats d’Économies d’Énergie : Les nouveautés à partir du 1er avril 2025
Un ajustement des aides pour renforcer l’efficacité énergétique
À partir du 1er avril 2025, plusieurs évolutions réglementaires seront mises en place dans le cadre des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Les mesures annoncées par le gouvernement à la fin de l’année 2024 marquent un rééquilibrage du dispositif, visant à renforcer le soutien au secteur agricole tout en maintenant l’accompagnement du secteur résidentiel grâce à une augmentation des forfaits.
Par ailleurs, la consultation publique lancée le 5 mars dernier sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) a pour objectif de définir les grandes lignes du dispositif des CEE ainsi que de la rénovation énergétique d’ampleur, avec un objectif de rénover chaque année 600 000 logements privés et sociaux.
Ces annonces et réformes sont alignées avec les objectifs nationaux de réduction des consommations d’énergie, dans le cadre d’une politique d’efficacité énergétique ambitieuse, stable et durable.
Un rééquilibrage du dispositif en faveur des secteurs moins subventionnés
Jusqu’à présent, le dispositif des CEE a principalement bénéficié au secteur résidentiel, qui représente aujourd’hui 62% du volume de CEE généré, bien que ce secteur ne soit responsable que de 16% des émissions de gaz à effet de serre. Les changements prévus pour le 1er avril 2025 confirment le maintien du soutien au secteur résidentiel, notamment par une augmentation des forfaits CEE pour des opérations standardisées comme « pompes à chaleur collectives de type air/eau ou eau/eau pour l’eau chaude sanitaire » ou « désembouage de réseaux de chauffage hydrauliques individuels ou collectifs ».
Cependant, face au développement d’autres dispositifs tels que MaPrimeRénov’ ou certaines aides locales, l’État ajuste son soutien pour diriger davantage de financements vers des secteurs moins soutenus, comme l’agriculture.
L’agriculture, bien qu’elle représente environ 19% des émissions de gaz à effet de serre en France, génère seulement 1,8% du volume de CEE. Avec des activités telles que les serres chauffées, l’irrigation, l’alimentation des groupes froids ou le séchage des récoltes, le secteur agricole offre un potentiel important d’économies d’énergie. Le gouvernement cherche ainsi à intensifier son soutien en augmentant les forfaits pour des opérations comme « déshumidificateur thermodynamique pour serres » et « système de déshumidification avec air extérieur ».
En réorientant les aides, le gouvernement souhaite accélérer la décarbonation des secteurs économiques, en soutenant des technologies plus écologiques telles que l’électrification des procédés industriels, la récupération de chaleur fatale, la méthanisation agricole, ou encore l’optimisation des systèmes de chauffage et d’irrigation.
Les ajustements prévus pour le 1er avril 2025 semblent dans l’ensemble être des mesures positives pour renforcer l’efficacité énergétique. Ils visent à mieux répartir les efforts entre le secteur résidentiel et le secteur agricole, tout en continuant à soutenir la décarbonation industrielle.
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CEE : Un nouveau bonus électrique, découvrez les grilles tarifaires de Renault et Stellantis
Les acheteurs de voitures, utilitaires et quadricycles électriques peuvent désormais bénéficier de nouvelles aides à l’achat sous forme de CEE, dont les montants varient entre 300 et 4500€. Les groupes Renault et Stellantis ont dévoilé leurs barèmes.
Le 1er janvier 2025, le système des CEE a été considérablement élargi dans le secteur des transports. Il permet désormais d’obtenir de nouvelles aides pour l’achat de véhicules électriques, financées par les énergéticiens, en complément ou en remplacement du bonus écologique gouvernemental, dont le montant a été réduit.
Les groupes Renault et Stellantis sont les premiers à adopter ce dispositif. Ils gèrent la partie administrative des dossiers avec les fournisseurs d’énergie, permettant ainsi aux clients de bénéficier directement d’une réduction de prix. En raison de leurs différences d’organisation interne, les barèmes varient.
L’aide à l’achat via des CEE concerne non seulement les voitures neuves, mais aussi les quadricycles légers et lourds, les véhicules rétrofités ainsi que les utilitaires légers (VUL), même pour les personnes morales qui ne peuvent plus bénéficier du bonus pour les VUL. Contrairement aux critères du bonus écologique (prix, poids, score environnemental, etc.), qui ne sont pas encore définis dans le cadre des CEE, cette aide est accessible à un plus grand nombre de modèles. Le groupe Renault précise d’ailleurs que « Tous les modèles électriques des quatre marques, tels que la Renault 5 E-Tech électrique, la Dacia Spring, l’Alpine A290 ou le Mobilize Duo, sont éligibles à ce dispositif des CEE. » Ces aides s’appliquent tant pour un achat comptant que pour une location (25 mois minimum chez Renault).
Grille tarifaire et montants des CEE pour les véhicules chez Renault (mars 2025)
Grille tarifaire et montants des CEE pour les véhicules chez Stellantis (mars 2025)
Les actions mises en place sont pertinentes et bénéfiques pour accélérer la transition vers une mobilité plus durable. Nous pouvons constater qu’avec les chiffres communiqués jusqu’à maintenant, Stellantis offre des montants légèrement supérieurs à ceux du groupe Renault.
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LES AIDES DE L’ANAH DÉCRYPTÉES
Prêt à taux zéro : Enfin cumulable avec les aides de l’Anah
Un nouveau progrès a été réalisé dans les dispositifs d’aide au logement. Le décret n° 2025-249, publié au Journal officiel de la République française le 20 mars 2025, introduit deux mesures majeures : la possibilité de cumuler le prêt à taux zéro avec une aide de l’Anah, ainsi que l’augmentation du plafond de cofinancement public à 90% avant application du plafond des subventions. Ces changements marquent une étape décisive pour les propriétaires souhaitant rénover ou acquérir un bien immobilier.
Ce décret, pris en application des articles du Code de la construction et de l’habitation, a pour objectif de faciliter l’accession à la propriété tout en renforçant l’efficacité des aides publiques. Jusqu’à présent, la règle de non-cumul restreignait considérablement la possibilité de combiner plusieurs sources de financement. Désormais, le prêt à taux zéro compatible avec les aides de l’Anah permet de lever cette contrainte, offrant ainsi une plus grande souplesse dans le financement des projets immobiliers, tout en permettant de bénéficier des aides.
Un plafond porté à 90% : Un soutien renforcé aux cofinancements
L’article R. 321-17 a été modifié, remplaçant le taux de 80% à 90%. Cette modification concerne le seuil de l’écrêtement, c’est-à-dire le niveau à partir duquel les aides de l’Anah sont diminuées lorsque d’autres subventions publiques contribuent au financement du projet.
Désormais, un projet cofinancé jusqu’à 90% (prêt à taux zéro, subventions régionales, etc.) ne verra plus les aides de l’Anah réduites, facilitant ainsi l’accès à un financement presque complet des travaux.
Le décret s’applique aux propriétaires occupants et bailleurs, incluant les ménages modestes pour la rénovation de leur résidence principale et les bailleurs pour la réhabilitation de biens à louer. Les critères d’éligibilité restent ceux de l’Anah (plafonds de ressources, type de travaux, engagements locatifs pour les bailleurs), mais le cumul autorisé permet de financer davantage de projets.
Le prêt à taux zéro cumulé aux aides de l’Anah permet de financer une grande partie du projet sans contribution personnelle excessive, favorisant la relance du marché de l’ancien et la lutte contre les passoires thermiques. Cette adoption soutient la transition écologique en incitant les propriétaires à investir dans l’isolation, le chauffage performant et les énergies renouvelables, permettant à un logement classé F de passer à une note C par exemple, réduisant ainsi sa facture énergétique de 30 à 50%.
Ces mesures sont positives pour améliorer l’accessibilité à la propriété, faciliter les rénovations énergétique et soutenir les propriétaires dans leurs projets.
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LES DERNIÈRES TENDANCES DU SECTEUR
Isolation : Les matériaux qui vont révolutionner l’année 2025
Face aux défis environnementaux, le secteur du bâtiment ne cesse d’innover, et l’isolation suit le mouvement. De nouveaux matériaux, plus performants, font leur apparition et pourraient bien révolutionner les pratiques.
RE 2020 : Des exigences renforcées pour l’isolation
Indispensable en rénovation énergétique, l’isolation est au cœur des aides gouvernementales. Avec la RE 2020, en vigueur depuis janvier 2022, les exigences se durcissent pour améliorer la performance thermique et encourage l’innovation. Les matériaux doivent désormais allier efficacité et faible impact environnemental.
Ce qui change avec la RE 2020
- Épaisseur minimale portée à 300 mm (ajustable selon la conductivité thermique) ;
- Priorité aux matériaux écologiques sur l’ensemble de leur cycle de vie.
Les isolants stars de 2025
- Fibre de bois : Excellente isolation thermique et phonique, régule l’humidité ;
- Liège : Léger, durable et naturellement résistant aux moisissures et incendies ;
- Laine de chanvre : Très bon isolant avec un faible impact écologique.
Les innovations technologiques
- Aérogel : Ultra léger, trois fois plus performant que les isolants classiques, mais encore coûteux. Son prix devrait baisser d’ici 2030, et les recherches avancent vers des bio-aérogels plus écologiques ;
- Panneaux sous vide (PIV) : Isolent neuf fois plus qu’une laine minérale classique à épaisseur égale, idéal pour gagner de l’espace ;
- Isolants minces réfléchissants : Efficaces contre le rayonnement thermique mais à utiliser en complément.
Grâce à ces innovations, l’isolation devient plus performante et respectueuse de l’environnement, ouvrant la voie à des bâtiments mieux adaptés aux défis énergétiques.
Avec la RE 2020 et l’essor de matériaux innovants, l’isolation devient plus performante et écologique. Ces avancées marquent un tournant vers des bâtiments plus durables, alliant confort et efficacité énergétique.
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Réduction des aides pour le solaire : Ce qui change au 28 mars 2025
Depuis le 28 mars 2025, les aides pour l’installation de panneaux solaires sont réduites. La prime à l’autoconsommation est divisée par deux. Le tarif de rachat du surplus baisse également de manière significative.
Quels sont les nouveaux montants ?
- Prime à l’autoconsommation réduite
- Depuis le 28 mars 2025, la prime est fixée à 80 €/kWc, contre 160€/kWc auparavant.
Voici un exemple : Pour une installation de 3 kWc, la prime passera de 480€ à 240€. Pour 6 kWc, de 960€ à 480€ et enfin pour 9 kWc de 1 440€ à 720€.
- Tarif de rachat du surplus en forte baisse
- Auparavant fixé à 12,7 centimes par kWh, il chute à 4 centimes par kWh.
- Cette diminution réduira les revenus générés par la revente d’électricité.
Qui est concerné par ces baisses ?
Ces nouvelles mesures s’appliquent aux installations non raccordées avant le 28 mars 2025. Les particuliers et professionnels qui n’ont pas encore signé de devis seront ainsi impactés au même titre que les personnes ayant un devis signé mais dont l’installation n’a pas encore été réalisée à cette date. Seules les installations déjà en service avant cette date ne seront pas impactés quant à ces changements.
Pourquoi le solaire reste intéressant ?
Même avec ces baisses, le photovoltaïque reste un investissement rentable. L’autoconsommation permet de réduire les factures d’électricité et d’être moins dépendant de la hausse des prix de l’énergie. De plus, une installation solaire valorise un bien immobilier, en augmentant son attractivité sur le marché.
Dans l’ensemble, ces mesures risquent de ralentir l’adoption du solaire par les particuliers et entreprises, ce qui pourrait aller à l’encontre des objectifs climatiques et énergétiques de la France. Même si la baisse des coûts des panneaux et l’incitation à l’autoconsommation peuvent être des arguments en faveur de cette décision, elle semble contre-productive à court terme pour accélérer la transition énergétique.
L'avis de l'équipe de KALIO

